Des décisions inquiétantes pour l'éducation
Dossiers
Le mouvement de grogne qui mobilise fortement la jeunesse étudiante et dans laquelle je suis impliqué n'est pas sans fondement. Comme beaucoup d'étudiants, je suis obligé de travailler pour poursuivre mes études.
Pour me loger, j'ai la chance de vivre au domicile familial. Mais pour beaucoup d'entre nous, ce n'est pas le cas et même si les aides existent, elles se révèlent vite insuffisantes. (…)
Le manque de moyens est un véritable problème dans le milieu étudiant, et les Français ont pu
découvrir ce fléau qui touche la jeunesse quand a été révélée l'ampleur de la prostitution étudiante.
C'est choquant, mais ceci n'est ni plus, ni moins, que le corollaire du désengagement de l'État dans l'éducation et l'enseignement supérieur qui conduit à des conditions d'études défavorables.
Les suppressions de postes, la loi sur l'autonomie des universités dite LRU faisant du président d'université un " chef d'entreprise " cherchant la rentabilité au détriment du savoir, la réforme du statut des enseignants-chercheurs provoquent une levée de
bouclier .
Toutes ces mesures (…) créent des inquiétudes légitimes dans la jeunesse. On s'interroge aussi sur le privilège donné aux sciences " dures " sur les sciences humaines. N'y a-t-il pas là une volonté d'abrutissement afin qu'on ne réfléchisse plus à des alternatives autres que le modèle fixé ?
A l'heure où le monde connaît une crise sans précédent, les grands sacrifiés semblent être une fois de plus les jeunes. Manque de moyens pour l'éducation, ou une justice des mineurs plus répressive, décidément, être jeune de nos jours se révèle être un fardeau.
La mobilisation continue et cette semaine j'irai avec mes camarades manifester parce que ma conscience est heurtée par cette conception mercantile de l'enseignement supérieur et surtout parce que le message "sois jeune et tais-toi" ne peut pas être notre seul avenir !
Mohamed Diarra
20 ans, étudiant en droit.
Université d'Évry Val d'Essonne
Membre d’ESPOIR DU MONDE