La République serait-elle en guerre ?
Ces derniers jours, des cas de violence organisée inquiétants ont suscité l’émoi de l’opinion publique, qu’ils s’agissent de violences urbaines ou de violences dans les établissements scolaires. Ces attaques répétées sur des personnes ont replacé la question sécuritaire sur le devant de la scène politique.
Le 10 mars, des jeunes gens armés ont fait irruption dans un lycée professionnel de Gagny afin d’agresser un élève, blessant plusieurs personnes. Le 19 mars, à Garges-Lès-Gonesse, un proviseur de collège a été roué de coup, tentant de protéger un de ces élèves, menacés par des mineurs armés qui avaient pénétré dans l’établissement. Le 20, un jeune homme de 17 ans a été arrêté, suspecté d’avoir tiré à la carabine à plomb devant une école maternelle de Lyon, blessant légèrement 3 personnes.
A ces règlements de compte violents qui s’invitent dans les établissements scolaires s’ajoutent une série d’attaques contre les forces de police au cours du mois de mars. Le 14, aux Mureaux, des policiers ont été appelés pour l’incendie d’une voiture. Se rendant sur les lieux, ils ont essuyé des jets de projectile et ont été visés par des tirs au plomb, vingt-et-un d’entre eux ont été touchés et légèrement blessés. Le même jour, le commissariat de Montgeron en Essonne a été la cible de tirs : 150 impacts de plomb, calibre 12 mm. Le 11 mars, des jeunes gens avaient été interpellés, l’un venant de Montgeron, pour avoir agressé et brûlé le visage d’un jeune homme de 17 ans, par un tir de pistolet d’alarme chargé de gaz lacrymogène.
Les syndicats de police dénoncent une montée de la violence organisée et armée
La réponse politique ne s’est pas fait attendre. L’actuel président de la République s’est rendu à Gagny afin de dévoiler son « plan contre les bandes » : création d’un nouveau délit dans le fait d’appartenir à une bande violente, création d’un fichier dédié aux violences urbaines, déploiement de 100 unités de quartier ainsi que de 23 compagnies de sécurisation, composée de 150 hommes spécialisées dans ce type de violence.
Ces annonces posent tout d’abord des questions pratiques. D’abord, comment définir la notion d’appartenance à une bande. Les policiers reconnaissent eux-mêmes qu’en France, les groupes sont souvent informels et mouvants, à la différence des gangs que l’on peut retrouver aux États-Unis. Par ailleurs, la question des effectifs se posent également quand on sait que 400 policiers manquent encore dans les effectifs de Seine-Saint-Denis. Enfin, le fichage des mineurs reste un point complexe et problématique.
Mais au-delà de toutes ces interrogations d’ordre pratique et éthique, il faut aller encore plus loin et s’interroger sur l’essence même de ces actes. Au-delà de simples rivalités violentes entre jeunes ou de problèmes d’économie parallèle, les symboles de la République, tels que l’école et la police, sont régulièrement pris pour cible. Cette nouvelle forme de délinquance, apparentée à de la délinquance d’exclusion, est le révélateur de la profonde faillite de la République à rassembler les citoyens autour d’un même ordre et d’un même idéal. La république est censée être intégratrice, fondée sur l’égalité, c’est dans les faits un système organisé d’exclusion.
Nous pouvons l’affirmer aujourd’hui avec force, l’idéal républicain, basé sur les valeurs d’égalité et de fraternité n’existe pas.
Pourtant, le peuple, lui, croit encore en ces fondements, les valeurs de l’association Espoir du Monde sont ancrées sur cet idéal. Puisque les valeurs de la République ne peuvent prendre corps par le Haut, toutes nos actions seront orientées afin de créer la République par le bas.