G 20 : une réforme du capitalisme en trompe l’œil ?
Nous connaissons actuellement une crise financière et économique sans précédent depuis les années 30. Face à cette crise, les Etats ont réagi à grand renfort de milliards pour sauver les banques, les industries, en un mot, sauver le système économique international qui se serait bel et bien effondré sans ces efforts publics. Il en ressort un déficit public accru et une ardoise lourde, qui seront en grande partie payée par les contribuables, déjà touchés de façon drastique par le chômage. On nous parle du système économique international comme un système basé sur la liberté, la propriété privée et la prise de risque. Certains prennent plus de risques que d’autres, décident d’entreprendre, le système les rémunère selon les lois du marché, quoi de plus logique nous disent les dirigeants. Mais cette crise nous a démontré qu’il en était tout autrement. Cette crise a révélé que la présupposée autorégulation du marché et la rémunération au mérite n’est qu’une vaste blague. Aujourd’hui, les responsables de la crise notamment les traders continuent à gagner de l’argent et à toucher des primes, les banques ont été sauvées à coups de milliards de dollars, tout cela parce qu’il fallait bien sauver le système nous dit-on, en nous faisant miroiter l’ombre du chaos qui planait au dessus de nos têtes.
Alors, la voilà la réalité de ce système économique ! Profondément injuste et cynique, certains gagnent à tous les coups et les populations, déjà en proie aux difficultés sociales et à la hausse du chômage, devront payer le prix de la crise. Et qui permet tout cela, qui sauve les banques, les industries à grand coup de milliards du contribuable : nos dirigeants, nos Etats, qui par ailleurs, refusent toute forme de protectionnisme et d’intervention publique lorsqu’il s’agit de protection sociale et de régulation. Quelles mesures prises contre les délocalisations ? Les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices ? AUCUNE. Pourquoi ? Parce que le public n’a pas vocation à intervenir dans le privé. En revanche, quand le secteur privé s’effondre, il est nécessaire de mettre l’épargne et les impôts à contribution pour sauver la machine.
On peut ainsi s’interroger sur la fonction de l’Etat dans ce système de libre-échange, dans cette économie globalisée. Plus de protection sociale : les caisses sont vides ! La cohésion de la nation, le respect des Droits de l’Homme, la paix sociale, l’éducation : Non ! Face à la violence sociétale qui monte et qui fait peur, pas de politique ambitieuse d’éducation et de prévention, l’accent est mis sur le sécuritaire. Alors, quelle est la fonction de ces Etats que nous finançons ? Et s’ils servaient uniquement à maintenir ce système économique inique où les mêmes gagnent à tous les coups, à calmer les mécontentements, à contenir les foules ?
Les politiques nous ont entendus, face au mécontentement grandissant, il se devait de réagir, on nous a promis la fin du capitalisme débridé et plus de régulation lors du sommet du G20. Et tout le monde salue les décisions prises par les dirigeants, la presse, les politique eux-mêmes, tout le monde est unanime : ce sommet du 2 avril marque l’avènement d’un nouvel ordre mondial, nom du document de travail réalisé par Gordon Brown à l’issue de cette réunion.
Mais à y regarder de plus près, quelles mesures ont été prises ?
On nous promet la fin des paradis fiscaux, ils ont décidé de créer une liste de pays non-coopératifs, mais l’OCDE chargée de ce travail, ne mentionne ni Macao, ni Hong-Kong, on peut aussi noter que l’Angleterre ne figure pas sur cette liste, alors que LA CITY est un des plus grands centres Off Shore du monde.
Et puis, il fallait faire circuler de l’argent, alors, les grandes institutions internationales telles que le FMI, l’OMC, la Banque Mondiale se sont vues distribuées des milliards. Quand on sait que ces institutions sont en grande partie responsable de la dérégulation du marché, on reste perplexe. D’une régulation du capitalisme annoncée, on assiste à une fuite en avant : on prend les mêmes et on recommence.
Ces nouvelles ne sont pas réjouissantes, loin s’en faut, elles seraient même plutôt inquiétantes. Nous ne sommes ni à l’abri d’une nouvelle crise, ni à l’aube d’une nouvelle ère de répartition plus équitable des richesses.
Face à cela, Espoir du Monde est déterminée à agir là où les pouvoirs publics refusent de le faire. Parce que les mesures prises ne sont pas à la hauteur des attentes, parce que le peuple est de moins en moins protégé socialement et civiquement, Espoir du Monde, affirme qu’il est grand temps de s’organiser et de trouver des solutions constructives aux défis qui sont devant nous.
Sans idéologie, dans un souci de neutralité et de pragmatisme, en s’appuyant sur toutes les bonnes volontés, Espoir du Monde pense qu’il est temps de penser à nous-mêmes pour nous–mêmes et cesser d’attendre qu’on le fasse pour nous. Parce que les temps sont durs, l’union rapide et constructive est plus que jamais nécessaire.